Entre crises et révolutions technologiques, l’investissement patrimonial s’impose comme un levier clé pour les jeunes actifs.

Par Julien Nebenzahl, Président d’eToro Patrimoine

Entre inflation persistante, mutations accélérées liées à l’intelligence artificielle et incertitudes géopolitiques, les investisseurs de moins de quarante ans doivent aujourd’hui composer avec des marchés plus volatils, une fiscalité mouvante et une digitalisation qui encourage parfois des prises de risque mal maîtrisées.

Entre inflation persistante, mutations accélérées liées à l’intelligence artificielle et incertitudes géopolitiques, les investisseurs de moins de quarante ans doivent aujourd’hui composer avec des marchés plus volatils, une fiscalité mouvante et une digitalisation qui encourage parfois des prises de risque mal maîtrisées.

Ainsi, selon une récente étude d’OpinionWay pour France Active, près de 78 % des Français prévoient d’épargner en 2026, un niveau record, largement porté par les jeunes générations, dont 71 % déclarent vouloir maintenir ou augmenter leur effort d’épargne . Cette dynamique s’inscrit dans un contexte d’incertitude économique et sociale, où la peur du déclassement et les doutes sur les retraites jouent un rôle structurant. Dans un tel contexte, les stratégies d’investissement évoluent également. Longtemps dominé par des produits sécurisés comme le Livret A, l’univers patrimonial des jeunes actifs bascule progressivement vers des solutions plus dynamiques. Et si l’assurance vie reste un pilier, elle est davantage plébiscitée par les plus de 35 ans, tandis que les plus jeunes privilégient encore des supports liquides, tout en s’ouvrant progressivement aux marchés.

Dans ce basculement, les ETF jouent un rôle clé puisque selon l’Autorité des marchés financiers, la part des nouveaux investisseurs utilisant ces fonds indiciels est passée de 11,7 % en 2019 à 45 % en 2024. Une progression spectaculaire qui témoigne d’un changement de culture financière : plus autonome, plus digital, mais aussi plus rationnel, les ETF séduisant par leur simplicité et leurs frais réduits. Une tendance confirmée par plusieurs acteurs bancaires, qui observent une forte accélération de leur adoption chez les moins de 35 ans.

Ce mouvement s’accompagne d’un regain d’intérêt global pour les marchés financiers. Toujours selon l’Autorité des marchés financiers, 34 % des Français déclaraient en 2025 s’intéresser aux actions, un plus haut depuis plusieurs années. Chez les jeunes, cet intérêt n’est pas théorique : il s’inscrit dans une logique de projection à long terme, notamment en vue de la retraite, que près d’un actif sur deux dans la tranche 25-34 ans commence déjà à préparer.

Pour autant, cette appétence pour les marchés ne signifie pas un abandon de la prudence. Bien au contraire. Les jeunes investisseurs combinent désormais recherche de performance et besoin de sécurité, dans une logique de diversification accrue. Comme le souligne le Cercle de l’Épargne, les actions affichent sur longue période des rendements supérieurs – autour de 6,2 % par an sur cinq ans – mais elles s’intègrent dans des stratégies hybrides où les liquidités et les placements sécurisés conservent toute leur place.

Autre évolution notable : l’irruption des critères extra-financiers dans les choix d’investissement. 37 % des jeunes souhaitent désormais orienter leur épargne vers des projets à impact environnemental ou social, contre moins de 10 % chez les plus de 50 ans, selon l’étude OpinionWay pour France Active. Une transformation profonde, qui traduit une redéfinition du rôle même du patrimoine, désormais perçu aussi comme un levier d’engagement.

Dans ce paysage en recomposition, une constante demeure : la nécessité de structurer son patrimoine. Diversification, liquidités de précaution, anticipation fiscale – ces principes, hérités des crises passées, trouvent aujourd’hui un écho particulier. Car si les supports évoluent, les fondamentaux, eux, résistent au temps.

À rebours des promesses de gains rapides, c’est finalement une approche patiente, structurée et lucide qui s’impose comme la réponse la plus contemporaine à l’incertitude économique. Parce qu’en matière de patrimoine, l’urgence n’est pas d’aller vite, mais de durer.

L’investissement sur des supports en unités de compte (présents dans les contrats d’assurance Vie et le PER) comporte un risque de perte en capital. L'assureur ne garantit pas la valeur de ces unités de compte, celle-ci dépendant des fluctuations des marchés financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Les informations communiquées ne constituent en aucun cas une incitation automatique à l'achat. Tout investissement doit être réalisé en fonction de votre profil d'épargnant, de votre horizon de placement et de votre capacité à subir des pertes.
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